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Cap Corse, quoi visiter sur la Côte Ouest depuis Saint-Florent ?

Vous voyez cette petite pointe tout en haut de la Corse, cette avancée dans la mer ? C’est ici le Cap Corse ! Appelé aussi « le doigt », il pointe la France et l’Italie. C’est un peu une île dans l’île comme ils disent ici.

Long de 40kms et large d’au maximum 15 kms, le Cap Corse est une étroite bande de terre et ses routes en témoignent ! À vrai dire, cette région est encore l’une des plus sauvages de l’île. C’est d’ailleurs ici, comme nul part ailleurs, où l’on se rend compte que l’île de Beauté mêle à la perfection la mer et la montagne. Le contraste est saisissant.

Bref, le Cap Corse est un incontournable d’un voyage en Haute Corse pour ses multiples randonnées, ses vins et ses paysages sauvages.

Vous avez deux possibilités pour découvrir le Cap : en longeant la côte ouest depuis Saint-Florent ou par l’est depuis Bastia. Vous vous doutez bien que nous avons fait les deux : un jour pour chaque côté ! 😉 Et c’est vrai que découvrir le Cap en une seule journée semble un peu rapide. Nous étions contents d’avoir prévu deux jours pour prendre notre temps, s’arrêter quand bon nous semblait.

Saint-Florent, la cité huppée

Le point de départ de ce côté ouest du cap est la ville de Saint-Florent. Nous vous conseillons de la visiter car elle est considérée comme le « Saint-Tropez » de la Haute Corse. En août, on vous laisse imaginer comme ça peut être blindé ! Mais Saint-Florent est une ville vraiment charmante.

Grimpez à la citadelle pour avoir une vue imprenable sur la ville et sur la mer. Les plages du côté de Saint-Florent sont vraiment agréables. On vous recommande La Roya surtout si vous avez des enfants. En effet, la Roya est une belle plage de sable fin où une fois arrivés dans l’eau vous aurez pied longtemps.

Vous pouvez aussi visiter le village de Patrimonio, non loin de Saint-Florent, qui est le berceau du vin où l’on retrouve beaucoup de domaines.

Nonza, le village perché

Ensuite, rejoignez la D80 qui est la route du Cap. Il y a de nombreux points de vue où vous pouvez vous arrêter. Et faites-le car c’est vraiment splendide.

D’autre part, un arrêt incontournable est le village de Nonza. Il faut s’y rendre tôt car le village est très prisé puisqu’il est classé et les voitures sont au rendez-vous. Malheureusement peu de places ont été aménagées et il n’est pas rare de ne pas réussir à s’arrêter… Nonza est un village médiéval perché sur une falaise et surplombant la mer. Nous vous conseillons de vous perdre dans les rues derrière l’église où les vues sont jolies. 

Ensuite, prenez le chemin de la Tour génoise Paoline où vous aurez une vue tout simplement « WAHOU » sur le village et sa fameuse plage noire.

Parlons-en d’ailleurs de cette plage noire. Une vue très jolie mais pour nous c’est un peu la fausse bonne idée de s’y baigner. Premièrement car les courants sont très forts de ce côté là et que des vagues assez fortes sont aussi présentes (on a même vu des surfeurs un peu plus loin). 

De plus, ce n’est pas une plage très « propre » c’est le moins qu’on puisse dire. Le sable noir est d’origine volcanique mais il y a t-il un volcan à proximité de Nonza ? Non !

Depuis 1920 jusque dans les années 60, il y avait à Nonza une usine très florissante. Une usine d’amiante. Dès 1948, les déchets de l’usine ont été rejetés dans la mer. L’entreprise aurait déversé plus d’une dizaine de million de tonnes de déchets alors même qu’un arrêté préfectoral le lui interdisait. Les intérêts économiques de l’époque ont donc prévalu sur les préoccupations environnementales. La pierre, extraite en même temps que l’amiante, n’avait aucune valeur et c’est cela qui était rejetée à la mer (environ 3500 tonnes/jour). Moins engageant que l’origine volcanique de la Martinique, non ? Les courants les ont transportés jusqu’à Nonza et plus largement sur une bonne partie de cette côte. Complètement artificielle, cette plage n’existait tout simplement pas il y a encore 100 ans. « Dans une étude de 1997 le BRGM estime à 11.250.000 tonnes et à 4,5 millions de m3 les stériles rejetés en mer par la SMA, entre 1950 et 1965. En quelques décennies, les stériles ont créé une longue plage de colmatage, qui, en 1962, avait une longueur totale de près de 5 kilomètres.»

Plus de 50 ans plus tard, l’usine est toujours en place au bord de la route et coûte chaque année plusieurs millions à l’état français. L’usine ne peut être ni désamiantée ni dynamitée puisque beaucoup trop de poussières d’amiante se retrouveraient à l’air libre et deviendraient un risque sanitaire majeur. Aujourd’hui un filet a été installé sur la façade uniquement… On se demande bien à quoi il sert puisqu’il n’est installé justement que sur cette façade ! Le filet n’empêche, par ailleurs pas, les rejets dans l’air, nous semble-t-il…

« Officiellement » sans danger pour l’Homme (on se demande un peu comment elle peut-être sans danger…), la plage est quand même peu fréquentée voire même délaissée. Les seules personnes qui s’y engagent sont des touristes qui créent des messages et des dessins à l’aide de galets blancs ou gris clairs.

Nous avons voulu vous parler de ce désastre de Nonza et de sa plage car beaucoup ignorent les origines de cette couleur particulière. C’est instagramable, c’est beau donc on ne se pose pas trop de questions… La vérité est moins enchantée.

Bref, on vous recommande vivement d’aller visiter ce beau village de Nonza. Vous pouvez aussi suivre le chemin de la « Fontaine Sainte Julie » et « Jardins en Terrasse ». Il s’agit du même chemin qui mène à la plage. Vous devrez descendre 500 marches ce qui prend une petite heure aller-retour.

La vue depuis le village reste impressionnante par son contraste entre le bleu puissant et le noir des galets. Les couleurs ne sont pas du tout les mêmes lorsque le soleil ne pointe pas ses rayons.

Mattei, tu dors, ton moulin ton moulin va trop fort

Toujours en route vers le noooord, faites un crochet par le Moulin Mattei. Autrefois, il servait de moulin à grains. Treize ont été construits à la pointe du Cap, autour de Centuri à l’ouest, et de Macinaggio à l’est. Aujourd’hui, ils sont tous en ruine (certaines tours que l’on voit étaient en fait des moulins) sauf un : le moulin Mattei. Le moulin n’en est, en réalité, plus un puisque ses ailes sont factices. Il a été restauré en 1934 par Louis Napoléon Mattei, inventeur de l’apéritif « Cap Corse » qui le transforme en objet publicitaire à la gloire de sa marque. Vous pouvez d’ailleurs retrouver la boutique officielle Mattei sur le Boulevard du Général de Gaulle à Bastia.

Et la vue sur tout le Cap est impressionnante. On a adoré y aller ! 

Centuri et son petit port

Enfin, nous finissons la découverte de cette côte ouest par la commune de Centuri et son petit port. Nous en avions entendu parlé comme un super petit village avec un magnifique port, mais finalement nous n’avons pas trouvé cette étape transcendante… Les goûts et les couleurs ! Par contre, ça peut être sympa de déjeuner un midi dans l’un des resto qui borde le port 😉

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