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Loikaw, à la rencontre du peuple Kayan : ces femmes-girafes

C’est après 1h30 de bus ou plutôt de tape-cul depuis Pekon que nous arrivons à Loikaw. Cette ville est la capitale de l’état Kayah qui est le plus petit du pays mais aussi le moins visité.
En effet, durant nos deux jours à Loikaw, nous n’avons croisé AUCUN touriste !

En premier lieu, nous décidons en arrivant de booker directement notre prochain bus pour Hpa An.
Et là, mauvaise surprise ! Tous les bus qui partent le lendemain sont complets ! La solution est d’aller à Mandalay pour ensuite redescendre tout le pays. Mauvaise idée ! Donc, nous allons rester une nuit de plus ici !

La ville de Loikaw à vélo

L’après-midi, nous louons des vélos pour faire le tour de la ville de Loikaw. C’est alors que nous découvrons quelques pagodes et aussi la plus célèbre de la ville : Taung Kwe. Cette pagode protège la ville puisqu’elle est située à flan de roche et domine ainsi toute la ville. Panorama à 360° assuré !

Aussi, on en profite pour s’arrêter faire le tour d’une autre pagode et à la gare qui s’avère être complètement abandonnée. Plus tard, on passera avec notre vélo des rails et on comprendra mieux pourquoi la gare est abandonnée : les rails sont limés par le temps. Bref, ça doit faire un bail qu’un train n’est pas passé ici ! En fin de journée, Thom et Geof s’arrêtent faire un volley avec les locaux. Et, les 3 spectateurs se transforment en plusieurs dizaines en quelques minutes !

A quelques kilomètres de Loikaw : rencontre avec les femmes-girafes

Le lendemain, nous avons réservé un taxi pour une rencontre particulière

Et c’est à environ 1h20 de route de Loikaw qu’elle se trouve. Nous partons à la rencontre du peuple Kayan plus connu sous le nom de femmes-girafes. Elles habitent dans les collines environnantes de Loikaw. C’est d’ici qu’elles sont originaires. En 1990, une partie de l’ethnie Kayan est partie en Thaïlande à cause d’un conflit avec le régime militaire birman.
Elles y vivent près de la frontière du nord, du côté de Chiang Rai.

Panpet compte sept villages et nous allons à Kathe Ku plus exactement. Panpet est organisée en petite communauté-coopérative. C’est pourquoi, Mu-Lih sera notre guide pour quelques heures. Elle est native du village, connait tout et surtout elle parle le dialecte local.

Sur internet, nous avions vu que ces villages ressemblaient plus à Disney qu’à autre chose. Et bien PAS DU TOUT, nous étions les seuls touristes ! Nous avons peut-être eu de la chance. Mais en tout cas c’était super !

La tradition repose sur le fait de porter des anneaux autour du cou. C’est réellement leur unique richesse : tout ce qu’elles possèdent elles le portent. En effet, il faut savoir qu’une parure complète (cou + jambes) coûte en moyenne entre 280$ et 350$. De ce fait, ces femmes sont aussi connues sous le nom « Padung » qui en réalité veut dire « long cou » en birman.

Mu-Lih nous explique qu’elles font le choix de porter les anneaux et que c’est une vraie fierté pour elle. Mais aujourd’hui la tradition se perd peu à peu car la parure est chère et les jeunes filles/femmes préfèrent prioriser davantage sur des études qu’à son achat. Néanmoins, nous avons vu quelques très jeunes petites en porter.

D’abord, nous passons un portail en bambou pour arriver dans la cour d’une maison en bois sur pilotis. Ensuite, nous rencontrons une femme marquée par le temps et ornée d’anneaux. Elle s’appelle Mu-Thyan et a 78 ans. Elle a toujours vécu dans ce village et n’en est jamais sortie. Nous échangeons avec elle à travers notre guide qui traduit le dialecte local en anglais. Cette rencontre est chargée en émotions puisque c’est surement la seule et unique fois de notre vie que nous rencontrerons cette ethnie. Mu-Thyan a eu 10 enfants. Malheureusement, son époux est mort il y a 16 ans. C’est là que nous apprenons que les femmes et les hommes Kayans, une fois mariés, sont unis à vie ! C’est-à-dire que si l’un ou l’autre décède, le dernier restant finira sa vie seul.

Par la suite, Mu-Thyan nous pose des questions : d’où nous venons même si elle ne sait pas où se trouve la France elle imagine que c’est un lointain pays et elle nous remercie d’avoir fait toute cette route pour venir la rencontrer. Elle nous demande aussi si nous sommes mariés. On essaye d’expliquer qu’en France, nous choisissons notre partenaire et que nous ne sommes pas obligés de nous marier. A nous de lui demander si c’est elle qui a choisi son mari ?

Ici, les femmes et les hommes se choisissent en fonction de ce qu’ils savent faire. Par exemple, si une femme sait cuisiner ou jouer de la musique elle trouvera plus aisément un mari. Et idem pour l’homme, s’il sait travailler la terre ou construire des maisons en bois.

Ensuite, Mu-Thyan nous fait une démonstration. Au début, nous pensions que c’était pour faire de la farine. En effet, elle part chercher du riz qu’elle dépose au centre d’une espèce de meule en bois. Avec son bâton, elle vient frapper le riz à plusieurs reprises. Au bout de quelques minutes, elle retire le tout pour le mettre dans une jatte tressée en bambou. Et à la façon d’un chercheur d’or, elle trie ainsi les grains de riz des peaux détachées. Elle fait ça tous les matins sans exception. Nous essayons à notre tour de battre le riz puis de le trier, c’est vraiment un coup de main à prendre ! Et nous sommes très loin d’être aussi doués que Mu-Thyan. D’ailleurs, de nous voir aussi hésitants (on avait peur de perdre trop de riz) l’a fait beaucoup rire.

Enfin, Mu-Thyan nous invite à visiter sa maison. Nous commençons par la cuisine où elle dort à même le sol sur des couvertures.
C’est « plus pratique » pour elle comme ça elle peut cuisiner dès qu’elle se réveille.
Après, nous montons et découvrons une maison
très rudimentaire ou la simplicité règne.
En effet, le seul meuble se trouve être une armoire pour que la famille puisse ranger leurs affaires.
Pas de lit, là aussi, il y a des couvertures au sol. C’est ici que dorment la fille de Mu-Thyan et son enfant. Il y a quelques photos accrochées aux murs et également des épis de maïs en train de sécher au plafond servant de nourriture pour les poules. Nous n’avons vu ni douche, ni toilettes.

Ici, le confort n’existe pas ! Ils ne se sont pas encore créer ce besoin.

Dans la cour, les poules vont et viennent et nous voyons également deux enclos où se trouvent des cochons noirs. Mu-Lih nous explique que le cochon est très important ici, puisque les familles les gardent environ un an avant de les tuer et les vendre. Grâce à eux, elles peuvent s’acheter du riz, des poules et vivent convenablement.

Nous continuons notre route à travers des sentiers avec Mu-Lih pour arriver dans un second village qui marquera la fin de notre visite.

Grâce au guide, vous pourrez découvrir les familles musiciennes mais celles qui travaillent aussi le bois, le tissu ou encore les bambous et les bracelets (compter 3000K/maison ou famille que vous visitez). En vous y prenant à l’avance, vous pourrez également manger chez l’une d’elles pour 5000K/pers.

Par ailleurs, sur le chemin du retour, nous nous arrêtons chez une musicienne (oup’s, nous avons un gros trou de mémoire sur son prénom…). En effet, elle sait jouer de plusieurs instruments mais vend aussi du textile et quelques bibelots. Grâce à sa petite boutique, elle peut acheter du riz et c’est toute sa famille qui peut manger ! 

Pour finir, nous terminons la découverte des alentours avec le marché local. Grosse déception puisque la majorité des produits vendus viennent de Chine ou de Thaïlande sauf pour les produits textiles qui sont fait sur place !

Infos pratiques !

Location de vélo à notre hôtel : 3000 MMK/vélo (=2€)

Pagode Taung Kwe : entrée gratuite

Taxi Loikaw – Panpet : 58000 MMK (=38,36€) pour la voiture A-R. En route, nous avons demandé à notre chauffeur de faire plusieurs arrêts et cela n’a posé aucun problème.

Village Panpet : guide : 5000 MMK/pers (=3,30€) + 3000 MMK (=2€) la maison de Mu-Thyan.

Boire un verre à Loikaw ? Vous pouvez aller à EKO Bar. L’établissement est tout neuf ! L’intérieur est cool et il y a une terrasse sur le toit ! Plutôt sympa !

Où dormir ?

Pekon : pour venir à Loikaw, nous avons fait un stop à Pekon car le trajet est long. Pekon compte 2 hôtels sur les plateformes de réservation qui sont chers ! Après des recherches acharnées, nous avons trouvé le Queen Devi Hotel sur Google Maps uniquement. L’hôtel est très bien et le petit-déjeuner est top !

Mail : nangngenge1@gmail.com // Téléphone : +95 81 56554

Adresse : No.Nya/58, Lanmadaw Main Road, Nyaung Kone 1 Qtr, Pekon, Southern Shan State, Myanmar

  • Petit-dej buffet
  • Rapport qualité-prix
  • Nous avons payé 30 000MMK pour deux chambres double avec un discount (=18, 70€). Il faut compter normalement 20 000 pour une chambre double.
  • Petit-déjeuner inclus sous forme de buffet

Loikaw : nous avons passé deux nuits (puisqu’il n’y avait plus aucun bus qui partait le lendemain de notre arrivée…) à Kayah Golden Hill Hotel. L’hôtel est moderne, le personnel attentionné et le petit-déjeuner est vraiment vraiment EXTRA ! On a même eu des pancakes !!!! 

Adresse : No 1, Lawpita Road, Daw Ta Ma Quarter, Loi-kaw 11101, Myanmar

  • Petit-dej EXTRA
  • Rooftop
  • Les fils à linge
  • 33,15€ la chambre triple (moins cher en réservant sur hôtels.com)
  • Petit-déjeuner inclus

Comment venir ?

C’est un long long, très long trajet qui vous attend ! Nous l’avons fait en deux temps !

1) D’abord Nyaung Shwe jusqu’à Pekon. Nous avions vu qu’il y avait un bateau public qui reliait les deux villes (1 départ/jour : 9h de Pekon et aux alentours de 14h pour Inlé) mais à Inlé il y a une vraie mafia de bateliers à touristes. C’est à dire que tout le monde vous dira qu’il faut prendre un bateau privé pour se rendre à Pekon ! Et là tous les prix sont proposés : ça va de 60 000 à 200 000 MMK (40 à 132€)  !
Du n’importe quoi quand le bateau public est à
11 000 MMK/pers (=7,30€) !

Pour trouver ce fameux bateau, il faudra passer le pont Muséum Road de Nyaung Shwe et prendre à droite, il y a une petite cabane pour prendre les tickets (la maison avant le shop d’excursion en bateau). Bon pas de bol, en fin de journée c’était fermé.
Nous avons croisé une femme qui nous a proposé un bateau car elle faisait le trajet de lendemain pour 15 000 MMK/pers (négocié)(=9,90€). Ok on prend ! Rdv le lendemain à 9h. Nous nous asseyons à même le sol sur des nattes avec 4 autres birmans pour la plupart saouls ! On se serait cru sur un bateau clandestin entourés par le poisson et les pièges en bambou !

Bref, c’est une traversée de 7h que nous aurons fait à travers deux lacs et des paysages grandioses !

Pour la petite histoire : notre chauffeur a voulu emprunter un canal pour rejoindre le second lac mais nous nous sommes retrouvés bloqués sur de la terre (manque d’eau). Impossible de bouger le bateau. Les hommes : Thomas, Geoffrey, le chauffeur et un birman de 72 ans sont descendus dans l’eau pour pousser et finir par soulever le bateau pour repartir. Le tout dans les rires et dans l’effort ! Quel souvenir !

Pour retrouver notre article sur le lac Inlé c’est ici !

2) Pekon – Loikaw : nous avons pris un petit bus local ou plutôt un tape-cul pendant environ 1h30 pour  3000MMK/pers (=2€). Il y a des bus toute la matinée jusqu’à 11h !

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